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Soirée d’observation astronomique avec Enastros

Face à cet hiver sous couvre feu et menace de confinement, j’ai eu assez peu l’occasion de sortir le télescope de l’appartement pour observer le ciel étoilé… J’ai ainsi repensé aux belles et douces soirées d’été qui laissent la possibilité de découvrir les merveilles du ciel, à l’abri des nuages et de températures trop fraîches… 

Je me suis dit que c’était le moment parfait pour revenir sur une activité suivie au début de l’été, une merveilleuse soirée d’observation astronomique en compagnie d’Alexandra, la responsable de Enastros, une boutique d’astronomie sur Strasbourg. En plus de mettre en vente et location des télescopes et accessoires pour les observations astro, elle propose tout un tas d’activités pour petits et grands, y compris des soirées d’observation astronomique. (Ou devrais-je dire, des observations Chastronomiques, puisque nous avons été accompagnés de ses pôtits chats tout mignon qui sont venus découvrir le ciel étoilé à nos côtés.)

C’est un petit groupe de 6 personnes qui avait rendez-vous dans le jardin de la boutique, en centre ville de Strasbourg. De manière surprenante, ce joli petit coin se retrouve relativement sauvegardé de la pollution lumineuse qui sévit dans les villes, et permet quelques observations intéressantes.

C’est une animatrice joyeuse et souriante (derrière son masque, certes, mais ça se devinait quand même !) qui nous a accueillis, dans le respect des gestes barrière, pour nous montrer les beautés du ciel d’été à l’aide de trois télescopes préparés pour nous. Nous avons débuté la soirée en discutant autour de quelques boissons le temps que tous les participants arrivent, et par un petit atelier autour d’une météorite. 

Ensuite, l’invitée la plus attendue de la soirée a pointé le bout de son nez : notre jolie Lune. C’est grâce à 3 télescopes que nous avons effectué nos premières observations: un Dobson, un Newton sur monture équatoriale et un Maksutov avec monture motorisée. Alexandra nous a présenté les paramètres et spécificités de chacun de ces appareils, et expliqué les notions de mise en station et de calcul de grossissement. Armés de plusieurs oculaires, nous avons pu nous émerveiller de la beauté du premier quartier de lune et de ses jolis cratères, et prendre quelques photos souvenirs de cette rencontre nocturne…

Une des photos de la Lune prise lors de la soirée d’observation

Mais la lune n’est pas la seule beauté du ciel d’été, peuplé également par de jolies planètes qui nous ont rendu visite en toute fin de soirée. Alexandra nous a ainsi fait le plaisir de laisser la soirée s’allonger pour nous faire observer tout d’abord Jupiter et ses lunes principales, puis très rapidement Saturne avant qu’elle ne s’enfuie derrière quelques vilains nuages.

Au cours de la soirée, notre voyage nous a mené également vers la constellation du bouvier pour y observer Arcturus, vers la lyre pour y découvrir Véga, et enfin vers la Vierge pour y observer Spica. Nos yeux curieux ont par ailleurs pu découvrir d’autres merveilles du ciel : la nébuleuse de l’anneau de la lyre m57, ou encore un couple d’étoiles de la constellation du cygne, constitué d’albiréo B une jeune bleue et Albiréo A une rouge orangée plus âgée, qui nous ont permis de discuter de la vie des étoiles et leur évolution. 

L’ambiance de la soirée était très agréable, et propice aux échanges et à la discussion. Alexandra ne tarit pas de conseil sur l’utilisation et /ou l’achat de télescope. Le petit plus que j’ai apprécié : même si la température était douce et agréable, Alexandra avait prévu quelques plaids pour nous protéger de la fraîcheur des nuits.

Suite à cette soirée, j’ai rejoint l’association d’astronomie d’Alexandra, mais entre les confinements et autre couvre feu, je n’ai pas encore eu le plaisir de me joindre aux membres pour une soirée d’observation. J’espère que les choses s’amélioreront vite pour pouvoir apprendre les beautés du ciel étoilé à leur côté !

N’hésitez pas à jeter un coup d’oeil sur le site web de la boutique d’Alexandra, où vous retrouverez le planning de ces activités ainsi qu’une boutique en ligne.

Chronique lecture

[Lecture] A la découverte du ciel

Comme je l’ai rapidement dit dans ma présentation, j’ai commencé il y a quelques mois l’astronomie amateur 😊 Armée de mon nouveau télescope et pas mal intimidée par ce curieux objet, j’ai débuté doucement, en regardant quelques tutos sur internet et en lisant quelques ouvrages pour me guider, notamment A la découverte du ciel par Emmanuel Baudoin, dont je vais vous parler aujourd’hui.

A la découverte du ciel…

Cet ouvrage trônait depuis un moment dans ma bibliothèque. Je l’ai acheté lorsque j’ai enfin pu profiter d’un balcon et d’un point de vue assez dégagé pour commencer à observer plus régulièrement le ciel à l’œil nu, car je souhaitais en apprendre plus sur les constellations et divers objets célestes.

J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage, il est simple, didactique, et bien organisé. Je pense que c’est une belle initiation à l’observation et qu’il détaille les principales cibles d’observations accessibles même aux débutants comme moi.

Mon starter pack pour l’astronomie amateur 🙂

La première partie constitue un rappel théorique sur les notions de bases de l’astronomie (système solaire, mouvements planétaires, étoiles, galaxies…) et les différents types d’instruments. Si les explications restent assez simples et manquent parfois de détails techniques si l’on souhaite s’y référer lorsque l’on retrouve seul à seul face à son télescope, elles constituent tout de même une superbe initiation. J’affectionne particulièrement les illustrations signées Delphine Zigoni, souvent type aquarelle, qui parsèment cette partie et lui apportent lisibilité et beaucoup de poésie.

La seconde partie présente les principaux objets célestes à observer, la lune et quelques zones particulières d’intérêt, comme le site d’alunissage d’Apollo 11 ou le fameux cratère Tycho, les planètes de notre beau système, les comètes ou encore les étoiles filantes. Cette partie est très didactique, car elle présente de manière succincte les principales caractéristiques des objets, les conditions de visibilité et ce que l’on peut espérer observer à l’œil nu ou au télescope. Bref tout ce qu’il faut pour bien commencer !

Personnellement, j’ai apprécié que plusieurs cibles lunaires soient détaillées.  J’ai fait mes toutes premières observations en début d’année dernière, alors que la Lune et Vénus sublimaient le ciel du ciel, et c’était un plaisir de réussir à repérer les cratères illustrés dans l’ouvrage (mes petites victoires de confinement :p ).

La dernière partie contient ce qui m’avait initialement poussé à choisir cet ouvrage, un petit atlas des principales constellations qui détaille les caractéristiques principales reconnaissables à l’œil nu, puis les détails accessibles aux jumelles ou microscope. Le tout est bien sûr accompagné de schémas et photos, qui permettent de savoir ce que l’on peut observer lors de nos premiers tests avec instruments.

Faute de temps, de ciel peu clément et d’un sale éclairage, je n’ai pas encore eu le plaisir de percer tous les secrets du ciel cités dans cet ouvrage, mais je compte bien m’y atteler très vite !

A bientôt pour de nouvelles lectures!

Chronique lecture

[Lecture] Vertige du Cosmos

Pour ce premier billet, nous partons à la découverte des Vertiges du cosmos, par Trinh Xuan Thuan, aux éditions Flammarion. C’était tout d’abord un coup de cœur en librairie pour sa belle couverture au bleu profond, pleine de reliefs, qui nous emmène d’un seul coup d’oeil aux fins fonds du cosmos.. 

Un mot sur l’auteur… 

Trinh Xuan Thuan est un astrophysicien et enseignant à l’université de Virginie. Il est également professeur invité à l’institut d’astrophysique de paris. Dans le monde de la recherche, il est notamment connu pour avoir découvert la galaxie I Zwicky 18, qui était alors considérée comme la plus jeune galaxie, âgée de seulement 500 millions d’années. Cependant de plus récentes observations suggèrent qu’elle serait finalement bien plus âgée. Par contre j’ai voulu jeter un œil moi même sur ses travaux de recherche et j’ai beaucoup de difficulté à trouver ses papiers, dommage!

Les amateurs d’astronomie et d’astrophysique reconnaîtront probablement son nom, car il est l’auteur de plusieurs ouvrages de science. C’est pour ma part le premier que je lis, mais un autre m’attend déjà dans ma bibliothèque.

Si vous souhaitez l’entendre parler de son ouvrage; sachez qu’il était il y a quelques mois l’invité de la grande librairie.

Avis général…

J’ai globalement bien apprécié cet ouvrage, plutôt axé sur l’histoire des sciences.

Dans ce livre, le lecteur plonge dans l’histoire de l’astronomie au fil des millénaires, pour terminer son voyage sur une belle introduction aux questionnements actuels de l’astrophysique moderne. Le tout est régulièrement accompagné d’illustrations et d’images d’archive, qui participent à la richesse de ce livre. On y découvre par exemple la carte de Cassiopée par Tycho Brahé, ou les dessins de Galilée qui illustrent les différentes phases de la lune.

Petit bémol peut être lié au fait que le tout est présenté en noir et blanc, même si cela ne gène en rien pour apprécier le contenu et pour la compréhension des schémas. Les curieux comme moi auront vite fait de faire un tour sur le net pour y trouver plus de références et retrouver la version en couleur de ces illustrations.

Des premiers battements de l’astronomie aux concepts et enjeux de l’astrophysique moderne…

Cet ouvrage commence avec une première partie où l’auteur introduit la notion d’archéoastronomie qu’il définit comme l’étude des pratiques astronomiques, des systèmes cosmogoniques et des mythes célestes des peuples anciens. En poussant cette porte, il nous emmène découvrir les premiers sursauts de l’astronomie, retraçant ses plus anciennes apparitions dans les civilisations européennes, asiatiques, égyptiennes ou encore maya. Par ses nombreux exemples, il dépeint un cosmos ancré dans le sacré et montre que de tout temps, le cosmos a fasciné et fait rêver..

J’ai découvert dans cette partie tout un tas de détails historiques et d’informations sur des constructions ou œuvres en lien avec l’astronomie. Parmi les exemples que je retiens, je citerai tout d’abord celui de Stonehenge, cette ensemble de monolithes de la plaine de Salisbury en Angleterre, qui pourrait avoir constitué un observatoire astronomique… L’auteur nous fournit de riches détails sur l’édifice et sa composition, et partage avec nous les analyses et observations successives qui ont mené à cette hypothèse d’un lien avec l’astronomie. L’organisation des monolithe semble révéler des alignements par rapport au soleil et à la lune, comme le suggère Gerald Hawkins, le premier à avoir effectuer ce type d’analyses par ordinateur. 

J’ai pu y découvrir également quelques informations sur le Zodiaque de Dendérah, un bas relief retrouvé sur le plafond d’une chapelle dédiée à Osiris, au sein d’un grand temple consacré aux déesses Hathor et Isis localisé à Dendéra, au nord de Louxor. Il constitue une représentation du ciel datant de 50 avant J.C où figurent plusieurs constellations, notamment les constellations du zodiaque, et des références à des phénomènes astronomiques tels que des éclipses de lune ou de soleil. Si certaines constellations sont facilement reconnaissables, d’autre sont représentées par symboles issus de la culture égyptienne. Par exemple,le Verseau qui est représenté sous la forme d’ Hâpy, le dieu de l’inondation.

Certaines planètes sont également représentées mais ne sont pas si faciles à identifier! Diverses formes d’Horus servent par exemple à symboliser jupiter (horus qui dévoile le mystère), saturne (horus le taureau), ou mars (Horus le rouge).

Le petit plus : si vous souhaitez le voir en vrai c’est possible! Il est exposé au Louvre dans la section égyptienne.

De nombreux autres édifices et objets d’histoire sont cités dans le livre, comme les pyramides de Khéops, construite selon un alignement particulier, ou encore Caracol, un observatoire Maya utilisé pour observer le ciel, les dessins géants du Pérou. Petite mention également pour la première carte stellaire européenne découverte en allemagne, le disque de Nebra. Il se présente sous la forme d’un disque de bronze d’environ 32 cm, qui est aujourd’hui conservé au musée régional de la préhistoire de halle en Allemagne. On y reconnaît facilement la lune, le soleil, et quelques étoiles des pléiades.

Un Pandastronome et le disque de Nebra…

Puis progressivement, le voyage nous mène à la découverte d’une astronomie plus moderne, plus mathématique, ou les savants, curieux du ciel, tentent de comprendre le ciel étoilé, notre système solaire et notre univers. C’est avec un souci du détail que Xian Thuan explique comment notre conception du système solaire et de ses 8 planètes s’est construite progressivement, à l’aide des observations successives de différents savants, comme Aristote, Ptolémée, ou encore Copernic et Galilée. La riche iconographie nous fait découvrir les différents modèles mis au points au fil des années, et les observations astronomiques qui ont menées à la remise en question du modèle géocentrique; la découverte de Neptune par exemple, ou la première observation par Galilée de 4 des lunes de Jupiter Io, Callisto, Europe et Ganymède. On retrace ainsi l’émergence du modèle héliocentrique du système solaire, qui déloge la terre de sa place centrale pour y placer notre soleil. 

Ma version des lunes Galiléennes pour le Spaceinktober 2019…

La dernière partie de l’ouvrage devient progressivement plus complexe vis à vis des notions discutées, mais elle reste infiniment bien traitée et vulgarisée. Elle aborde notamment la théorie de la relativité d’Einstein, et les découvertes qui en découlent. C’est donc big bang, trous noirs, et ondes gravitationnelles qui nous sont contés dans les derniers chapitres, et nous guident vers les grandes questions qui demeurent aujourd’hui encore : l’infinité de l’univers, la notion de temps, ou encore l’origine de l’univers…

Les mots de la fin…

Vous l’aurez compris, j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cet ouvrage. Sa force réside à mon avis dans le style d’écriture de l’auteur, qui nous décrit des phénomènes complexes avec simplicité . Au delà de l’aspect historique, plusieurs phénomènes astrophysiques sont abordés, et restent très clair même pour des non spécialistes et non scientifiques. J’apprécie beaucoup la première partie historique, le fait que l’auteur n’apporte pas simplement des notions scientifiques complexes, mais retrace l’évolution de l’astronomie et de la vision du monde, avec de riches exemples et anecdotes historiques.

Si vous l’avez lu et souhaitez en discuter n’hésitez pas à me faire part de votre avis !

A bientôt pour de nouvelles lectures et infos de sciences…

Animaux

Mon amour le panda roux

Peut-être l’aurez-vous deviné, j’ai un faible pour le panda roux, cette boule de poils qui déborde de mignonitude. Avec sa petite tronche et ses grandes oreilles poilues, comment ne pas craquer ? 

Et aujourd’hui est justement un jour particulier, puisque c’est la journée du Panda Roux, l’occasion idéale pour écrire le premier article de ce blog et partager avec vous quelques informations sur cette petite bebête …

Copyright Sciences du Panda, Septembre 2020

Red Panda : Origins…

Pour commencer, il faut savoir que le panda roux est en réalité le premier panda… le vrai, l’original! Il a en effet été découvert avant le panda géant.

La petite histoire, c’est que le panda roux a été décrit pour la première fois par le général anglais Thomas Hardwicke en 1821 autour de Darjeeling, en Inde. Mais cette première description ne fut pas immédiatement publiée. Entre temps, Frédéric Cuvier  a publié ses recherches sur ce petit animal qu’il a alors nommé Ailurus fulgens; Ailurus faisant référence à sa ressemblance avec le chat, et fulgens à son pelage, qui brille de ce joli rouge/orange de feu. Le panda géant, quant à lui, n’a été découvert que plus tard en 1869.

Ailurus Fulgens, le premier panda

Pour la petite anecdote, le nom de panda proviendrait de Ponya from Nepalese, qui signifie mangeur de bambou.

Carte d’identité du panda roux…

On est bien d’accord, notre petit panda est facilement reconnaissable : une frimousse fluffy rousse avec quelques tâches blanches, un dos qui flamboie d’un joli roux, un ventre et des pattes très sombres, et une longue queue aux rayures rousses, qui mesure entre 28 et 48 cm (pour un corps entre 50 et 64 cm).

Si vous souhaitez visiter son chez-lui, sachez que ce petit animal à posé ses valises dans les forêts tempérées de l’himalaya, où s’installe entre 2200 et 4800 m. On le trouve ainsi en Chine, au Bhoutan, en Inde, au Myanmar, et au népal où il était surnommé Wha, Chitwa ou encore Hun-ho. Ses prédateurs naturels sont la panthère nébuleuse et panthère des neiges, ainsi que la martre à gorge jaune.  

Il fait partie des animaux arboricoles, qui passent la majeure partie de leur temps dans les arbres. En plus de ça il est assez peu actif, on considère qu’il dort à peu près la moitié de la journée. Il est en fait plutôt nocturne, actif en toute fin/début de journée.

Fait original: le dessous des pattes du panda roux est totalement recouvert de poils (comme c’est le cas pour les ours polaires ou le renard des sables tibétain), qui masquent leur coussinets, pratique pour supporter le froid !  

Leurs pattes sont aussi équipées de griffes semi rétractables et d’un pseudo-pouce (pas un vrai pouce opposable, mais une modification de l’os du poignet), très pratique pour grimper dans les arbres! (Anton et al. 2006). Il est d’ailleurs largement capable de descendre des arbres la tête la première, chapeau! Deux gènes impliqués dans le développement des membres semblent jouer un rôle dans la mise en place de ce pseudo pouce, DYNC2H1 et PCNT.

Copyright Sciences du Panda, Septembre 2020

Côté famille, le panda roux est une espèce plutôt solitaire. Les individus vont chercher un partenaire au moment de la période de reproduction, qui aboutira à des portées de 1 à 4 petits (les portées d’un ou deux petits étant plus fréquentes) qui resteront avec leur mère jusqu’à maturité. Les mères ont tendance à utiliser des arbres creux pour mettre aux monde leurs petits. La gestation dure entre 115 et 145 jours, et les petits naissent couverts d’une fourrure épaisse aux couleurs plutôt grisâtres. Ils mesurent alors environ 6 cm, et font un point plume d’une centaine de grammes. On considère qu’il vont grandir en prenant environ 7 g par jour.  Ils commencent à pointer le nez hors du nid aux alentours de 3 mois. Ils seront capable de créer leur propre petite famille aux alentours de 18 à 20 mois. 

Nos petits pandas peuvent vivre jusqu’à 14 ans dans les zoos ou réserves, mais leur espérance de vie dans la nature se rapproche plus des 7- 8 ans.

Phylogénie du panda roux

Le panda roux fait partie de la famille des ailuridés qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser en observant les habitudes alimentaires de ce petit animal, fait partie de l’ordre des… carnivores!

On pourrait croire également que le panda roux fait partie de la même famille que le panda géant, dont il partage partiellement le nom et l’appétence pour le bambou, ou du raton laveur à qui il ressemble pas mal en version couleur d’automne, mais ce n’est en réalité pas le cas. 

Identifier l’origine phylogénique du panda roux n’a pas été une mince affaire pour les chercheurs. Jusqu’aux années 1960, il était en effet placé parmi les procyonidés, la même famille que le raton laveur. En réalité, sa famille des ailuridiés constitue une famille à part, dont le panda roux est aujourd’hui le seul représentant encore vivant. 

Le panda géant, quant à lui, est encore plus éloigné du panda roux puisqu’il fait parti de la famille des ursidés, comme les ours. Le truc assez rigolo, c’est qu’il existe tout de même une convergence évolutive entre le panda géant et le panda roux, comme pour la présence du pseudo-pouce par exemple. 

Enfin, il n’y aurait pas un panda roux… mais plusieurs ! L’existence d’une sous espèce ou de deux espèces de panda roux a effectivement été proposée dès 1902, suite à l’observation que certains d’entre eux possèdent des caractéristiques différentes au niveau du crâne et des nuances au niveau de la couleur de la fourrure, surtout au niveau des tâches blanches sur la tête. Ceci a été confirmé récemment par l’analyse du génome des deux espèces (Hu et al. 2020). On distingue donc aujourd’hui ailurus fulgens (panda de l’himalaya), et ailurus styani (panda de chine), qui a une face plus rougeâtre avec moins de blanc, et dont l’aspect annelé de la queue est plus visible. 

En parlant génétique, le génome du panda comprend 18 chromosomes et fait une taille d’environ 2.34 Gb. 

Un Carnivore mangeur de bambous…

Je l’ai rapidement abordé tout à l’heure, le panda roux fait partie de l’ordre des carnivores, mais a pourtant un régime herbivore composé essentiellement de bambous mais aussi de fruits, racines et occasionnellement d’oeufs et d’insectes.

Le panda roux possède un système digestif proche de celui des carnivores, avec notamment un temps de transit intestinal assez court, d’une dizaine d’heures voire moins, alors qu’il est beaucoup plus longs  chez les herbivores classiques (48 à 75 h) chez qui cela facilite la digestion des aliments et l’absorption des nutriments. 

Leur régime à base de bambous pose donc quelques question, puisque c’est un aliment qui contient peut de protéines mais beaucoup de cellulose. Il a été observé que les pandas se nourrissent en particulier de certaines espèces de bambou à plus fort taux nutritionnels et des parties les plus digestes, comme les feuilles. Ils sélectionnent ainsi les feuilles (en raffolant des plus jeunes), et les mastiquent intensivement. Ils ont également tendance à en avaler de grandes quantités (1600 g de feuilles en moyenne, ce qui augmente au printemps).

Panda roux qui se régale de bambou. Copyright Sciences du Panda, Septembre 2020

Autre hic, les carnivores ont tendance à avoir un taux très faible d’enzymes détoxifiants les cyanides, présents en grande quantité dans le bambou, alors qu’elles sont plus abondantes chez les herbivores. Heureusement, nos petits panda roux restent capables de digérer leur nourriture préférée, notamment grâce à la composition de leur microbiote gastro-intestinal, qui est enrichi en gènes codant pour les l’enzyme de dégradation des cyanides (Zhu et al. 2018). On estime qu’ils ont un taux d’assimilation du bambou entre 22 et 42 %.

La composition du microbiote n’est cependant pas figée. Chez le panda roux, le microbiote est acquit très tôt, mais les proportions des différents types de bactéries évoluent au cours de sa vie. Lors du sevrage et du passage au régime lait + bambou, les petits ont un microbiote très diversifié, et cette diversité tant à baisser lorsque le panda ne se nourrit plus de lait mais seulement de plantes. On considère que les proteobacteries et firmicutes sont les principales espèces bactériennes qui forment le microbiote du panda roux (Zheng et al.2018).

Bientôt la fin des panda roux ? 

Si vous avez eu l’occasion de croiser quelques spécimens dans les zoos ou les parcs naturels, vous avez probablement vu ces tristes écriteaux qui indiquent le statut de conservation de nos petits pandas. Comme de nombreuses autres espèces, il est considéré comme une espèce vulnérable, classée en danger par l’IUCN (International Union for Conservation And Nature). Le nombre d’individus capables de se reproduire à en effet été évalué à moins de 10 000, même si il est difficile d’estimer la population exacte. 

Si les pandas roux sont protégés par des conventions internationales et par des lois nationales, il demeure qu’ils font face aux problèmes de déforestation et de fragmentation de leur habitat, tout comme le panda géant. La déforestation induit des problème pour trouver de la nourriture, puisque le bambou ne repousse pas facilement dans une zone totalement coupée.

L’augmentation de la taille des zones résidentielles et l’essor du tourisme constituent également un risque pour ces petits animaux. Au Népal par exemple, il existe de nombreuses habitation et zones d’élevage du bétail au dessus de 3000 m, aux altitudes où se nichent les panda roux. Une étude récente a utilisé des modélisations pour estimer la taille de l’habitat possible du panda roux au Népal, et aboutit à une valeur de 13 781 km2, en prenant en compte les variables environnementales et humaines. Leur modèle démontre bien l’importance du facteur humain, en particulier la distance aux chemins, la densité des troupeaux et la densité de la population humain (Panthi et al. 2019).

Pour ce qui est des animaux en captivité, les bébés panda roux ont un taux de mortalité important, lié au manque de comportement maternel ou encore a des problèmes nutritionnels liés à la qualité du bambou. Le taux de mortalité dans les premiers 30 jours varie entre environ 10 et 40% selon les régions (Glaston 2011). En plus, le panda roux ne semble pas très adapté aux climats chaud. Il a été suggéré que le comportement maternel serait effectivement impacté par la température, et moins efficace en cas de températures chaudes. Le temps que la mère passe dans le nid avec ses petits semble être plus réduit lorsque les températures sont plus hautes. 

Comment protéger le panda roux?

Plusieurs associations ont pour objectif de sensibiliser la population à cette question, notamment le red panda network, et connaître et protegéer le panda roux. Ils mettent en place des actions avec les autorités locales pour la conservation de l’habitat du panda. 

En parallèle, plusieurs programmes d’élevage sont développés dans les zoos ou parcs animaliers afin de préserver l’espèce et de conserver une diversité génétique suffisante pour les réintroduire un jour dans le milieu naturel.

Références :

De très nombreuses informations proviennent du livre de Glaston: Red Panda: Biology and Conservation of the First Panda. Academic Press. 2010.

Le reste provient de publications scientifiques:

Anton et al. Implications of the functional anatomy of the hand and forearm of Ailurus fulgens (Carnivora, Ailuridae) for the evolution of the ‘false-thumb’ in pandas. J Anat. 2006 Dec;209(6):757-64

Deb et al. Red panda, sole representative of family: ailuridea a short review on ecology and threats. Biolink 2019.

Hu et al. Comparative genomics reveals convergent evolution between the bamboo-eating giant and red pandas. Proc Natl Acad Sci U S A. 2017 Jan 31;114(5):1081-1086

Hu et al. Genomic evidence for two phylogenetic species and long-term population bottlenecks in red pandas. Sci Adv. 2020 Feb 26;6(9):eaax5751. 

Panthi et al. An assessment of human impacts on endangered red pandas (Ailurus fulgens) living in the Himalaya. Ecol Evol. 2019 Nov 7;9(23):13413-13425. 

Zhu et al. Potential Mechanism of Detoxification of Cyanide Compounds by Gut Microbiomes of Bamboo-Eating Pandas. mSphere. 2018 Jun 13;3(3):e00229-18.

Zheng et al. Microbial Biogeography Along the Gastrointestinal Tract of a Red Panda. Front Microbiol. 2018 Jul 5;9:1411.

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Lancement des Sciences du Panda

Bonjour à tous !

Bienvenue sur le premier billet de ce blog de science, un projet qui me trottait dans la tête depuis un certain temps et que j’ai enfin décidé de concrétiser suite… à l’inktober 2019! J’ai suivi ce challenge de dessin pour la première fois grâce à la liste de @SpaceThomalice qui nous proposait un SpaceInktober. Le concept: un dessin par jour (enfin presque…) sur le thème de l’astronomie. 

Je vous propose donc de rester dans cette optique, et de partir avec moi à la découverte de plusieurs sujets scientifiques que je tenterai d’illustrer avec l’aide des mascottes de mon Spaceinktober, les petits animaux de la mission spatiale Fluffy Paws…

Départ de la mission Fluffy Paw pour le SpaceInktober 2019…

Au programme, vous trouverez ici des articles de vulgarisation scientifique sur des sujets divers et variés (en biologie essentiellement mais en astronomie aussi très probablement), des résumés de visites d’expositions ou d’événements scientifiques, et des chroniques d’ouvrages scientifiques.

Pour me présenter un peu je suis docteure en Neurosciences, mais je m’intéresse à pas mal d’autres sujets scientifiques. Je me lance tout nouvellement dans l’astronomie amateur, et suis ouverte à tout conseil à ce sujet !  J’ai eu l’occasion de participer à plusieurs événements de médiation scientifique, notamment avec notre association de doctorants et lors d’une mission complémentaire pendant ma thèse, mais avec Pint of Science ou encore avec les Savanturiers. 

Sinon que vous dire d’autre de moi ? J’aime l’Alsace, dessiner et faire des aquarelles avec des fleurs et des animaux mignons 🙂 .

A bientôt !